
La véritable nature de la matiére
AVERTISSEMENT
Le chapitre que nous allons aborder maintenant révèle un point extrêmement important. Si vous le lisez attentivement et vous le comprenez bien, ce texte changera fondamentalement le point de vue que vous pouvez avoir sur le monde extérieur. Ce texte contient plus qu'un point de vue, une approche différente ou une idée philosophique; il contient une vérité précise qui est aujourd'hui reconnue par la science. En réalité, tout le monde, croyants et incroyants, devrait admettre cette vérité.
Tous les individus qui observent leur environnement attentivement se rendent compte que tout ce qui existe dans l'Univers – ce qui est animé et ce qui ne l'est pas – doit forcément avoir été créé. La question devient alors: "Qui est le Créateur de toutes ces choses?"
Il est évident que "le fait de la création", révélé par chaque aspect de l'Univers, ne peut pas être le résultat de l'Univers lui-même. Le système solaire ne peut pas s'être créé ou organisé par lui-même. Les plantes, les êtres humains, les bactéries, les érythrocytes, et les papillons ne peuvent pas s'être créés par eux-mêmes. C'est pour cela que la possibilité que tout ce qui existe puisse être le produit du hasard n'est même pas imaginable.
Nous concluons donc que toute chose a été créée, mais qu'aucune d'entre elles n'a pu en être le Créateur. Le Créateur est différent de tout ce que nous voyons avec nos yeux, Il est une force supérieure et invisible. Pourtant, Son existence et Ses attributs sont visibles dans tout ce qui existe.
Ceux qui nient l'existence de Dieu s'opposent à cette réalité. Ces personnes sont conditionnées à ne croire qu'à ce qu'elles voient avec leurs propres yeux. Elles sont contraintes d'ignorer la vérité de la création et elles essaient de prouver que l'Univers et les êtres vivants n'ont pas été créés. La théorie de l'évolution est un exemple flagrant de leurs efforts vains pour arriver à cette fin.
L'erreur fondamentale de ceux qui nient l'existence de Dieu est perpétuée par d'autres individus qui ne nient pas vraiment cette existence mais qui ont une fausse perception de Lui. Ils ne nient pas la création elle-même mais ont des croyances superstitieuses sur l'endroit où Dieu se trouve. Ils pensent qu'Il se trouve dans les "cieux", en haut quelque part. Implicitement, ils imaginent qu'Il se trouve au-delà d'une planète très lointaine, qu'Il n'intervient dans les affaires terrestres que de temps en temps ou qu'Il n'y intervient pas du tout. Ils imaginent qu'Il a créé l'Univers et l'a abandonné ensuite à lui-même, laissant les gens maîtres de leur propre destin.
Il y en a d'autres qui ont entendu dire qu'il est écrit dans le Coran que Dieu se trouve partout. Pourtant ils ne peuvent pas exactement comprendre ce que cela veut dire. Ils pensent que Dieu entoure toute chose comme le feraient des ondes radio ou un gaz invisible et intangible.
En bref, ces croyances sont incapables de démontrer "où" Dieu se trouve et elles sont en réalité toutes fondées sur une erreur commune. Sur ce sujet, ces gens portent des préjugés qui n'ont aucun fondement et se font donc de fausses opinions sur Dieu.
Ces préjugés portent sur la nature et les caractéristiques de la matière. Nous sommes tellement conditionnés que nous ne nous demandons jamais si la matière existe vraiment ou si elle n'est qu'une ombre. La science moderne détruit ce préjugé et présente une réalité très importante. Dans les pages suivantes, nous allons essayer de clarifier cette grande réalité qui est dévoilée dans le Coran.
Le monde des signaux électriques
Toute l'information que nous possédons au sujet du monde dans lequel nous vivons nous est transmise par nos cinq sens. Le monde que nous connaissons consiste en ce que nos yeux voient, nos mains sentent, nos nez hument, nos langues goûtent et que nos oreilles entendent. Nous ne pensons jamais que le monde extérieur puisse être autre chose que ce que nos sens nous présentent, puisque depuis notre naissance nous sommes dépendants de ceux-ci.
Les recherches scientifiques modernes avancent une thèse très différente qui remet en cause notre perception du monde.
Cette thèse soutient que notre perception du "monde extérieur" est formée dans notre cerveau par des signaux électriques. C'est-à-dire que la rougeur des pommes, la solidité du bois, notre maison, notre famille et tout ce que nous possédons, et même les lignes de ce livre sont en réalité composées de signaux électriques.
Frederick Vester décrit le stade auquel la science est parvenue:
"Les propos de certains scientifiques déclarant que 'l'homme est une image, toute chose éprouvée est temporaire et fallacieuse, et cet Univers est une ombre' semblent être prouvés par la science moderne."14
Le fameux philosophe, George Berkeley commente ce sujet de la façon suivante:
"Nous croyons en l'existence des objets seulement parce que nous les voyons et nous les touchons, et parce qu'ils nous sont reflétés par nos sensations. Pourtant, nos perceptions ne sont que des idées formées dans notre esprit. C'est-à-dire que les objets que nous percevons ne sont en réalité rien d'autre que des idées qui existent seulement dans notre esprit... Puisque tout cela n'existe que dans l'esprit, il est clair que nous sommes trompés par des illusions quand nous imaginons que l'Univers et les choses peuvent avoir une existence autre que celle qui existe dans notre esprit. Donc, tout ce qui nous entoure n'existe que dans notre esprit."15
Afin d'éclaircir la question, considérons le sens qui nous fournit l'information la plus générale au sujet du monde extérieur, celui de la vue.
Comment voyons-nous, entendons-nous et goûtons-nous?
L'action de voir est réalisée progressivement. Des faisceaux lumineux, les photons, se déplacent de l'objet observé vers l'œil. Ils passent à travers les lentilles qui se trouvent devant l'œil et sont alors réfractés. Ils tombent ensuite en se renversant sur la rétine qui se trouve derrière l'œil. C'est à ce niveau que la lumière se transforme en signaux électriques. Ces signaux sont ensuite transmis par les neurones à notre minuscule centre visuel situé au fond du cerveau. Dans ce centre, le signal électrique est perçu comme étant une image. En réalité, nous "voyons" dans cet endroit minuscule situé dans la partie postérieure du cerveau. Notons que cette partie est isolée de la lumière.
Reconsidérons maintenant ce processus apparemment ordinaire. Quand nous disons que "nous voyons", nous percevons en réalité les photons qui atteignent nos yeux et pénètrent notre cerveau après avoir été transformés en signaux électriques. Cela veut dire que quand nous disons: "nous voyons", nous observons en réalité les signaux électriques dans notre cerveau.
Toutes les images que nous percevons sont formées dans notre centre visuel qui n'occupe que quelques centimètres cubes du volume total de notre cerveau. Le livre que nous lisons en ce moment et le paysage illimité que nous voyons quand nous regardons l'horizon s'intègrent dans cet endroit minuscule. Il est important de souligner, comme nous venons de le faire, que le cerveau est isolé de toute lumière; son intérieur est donc totalement obscur. Il n'a donc aucun contact avec la lumière elle-même.

Nous pouvons illustrer cette situation intéressante par un exemple. Supposons que nous regardions une bougie allumée. Nous pouvons nous asseoir devant cette bougie et la regarder à une certaine distance. Pendant cette période, notre cerveau n'entre jamais en contact direct avec la lumière de la bougie. C'est-à-dire que même si nous voyons la lumière de la bougie, l'intérieur de notre cerveau reste complètement obscur. Nous contemplons donc un monde lumineux et coloré dans notre cerveau obscur.
R. L. Gregory donne l'explication suivante au sujet des aspects miraculeux de la vue:
"Nous sommes tellement habitués à l'acte de la vue qu'il nous faut développer notre imagination pour réaliser qu'il y a des problèmes à résoudre. Considérez que nous voyons des objets solides dans notre environnement en partant des images minuscules, déformées et à l'envers qui se trouvent dans nos yeux. Nous percevons un monde d'objets à partir des lignes de simulation qui se trouvent sur nos rétines. Ceci n'est pas moins qu'un miracle."16
La même situation s'applique à tous nos autres sens. L'ouïe, le toucher, le goût et l'odorat sont tous le résultat de signaux électriques transmis au cerveau et perçus dans les centres pertinents du cerveau.

L'ouïe fonctionne d'une manière similaire à la vue. L'oreille externe capture les sons dans l'auricule et les dirige vers l'oreille centrale. L'oreille centrale transmet les vibrations produites par les sons à l'oreille interne en les intensifiant. L'oreille interne transforme ces vibrations en signaux électriques qu'elle envoie au cerveau. Tout comme dans le cas de la vue, l'acte d'entendre a en réalité lieu dans le centre auditif du cerveau. Le cerveau est isolé des sons tout comme il est isolé de la lumière. C'est-à-dire que quelle que soit l'intensité du bruit à l'extérieur, l'intérieur du cerveau lui est complètement silencieux.
Cependant, même les sons les plus subtils sont perçus par le cerveau. L'oreille d'une personne saine entend tout, sans aucun bruit ou aucune interférence atmosphérique. Dans notre cerveau, alors même qu'il est isolé du son, nous pouvons écouter les symphonies d'un orchestre, entendre les bruits d'une foule, percevoir tous les sons produits dans un intervalle aussi vaste que celui qui sépare le bruissement d'une feuille à celui du rugissement d'un avion. Pourtant, à ce moment-là, si le niveau de son dans notre cerveau était mesuré par un appareil sensible, on verrait qu'un silence complet y règne.

Notre sens de l'odorat est formé de façon semblable. Les molécules volatiles émises par une branche de vanille ou une rose atteignent les récepteurs qui se trouvent dans les poils délicats de l'épithélium du nez. Ils sont ensuite transformés en signaux électriques et transmis au cerveau où ils sont perçus sous la forme d'une odeur. Tout ce que nous sentons d'agréable ou de désagréable, n'est rien que la perception cérébrale de l'interaction de molécules volatiles après leur transformation en signaux électriques. Ainsi, nous percevons la senteur d'un parfum, d'une fleur, des aliments que nous préférons, de la mer ou d'autres odeurs encore que nous aimons ou détestons, dans notre cerveau. Les molécules elles-mêmes n'atteignent jamais le cerveau. Tout comme avec le son et la vision, ce sont seulement de simples signaux électriques qui arrivent à notre cerveau. Autrement dit, toutes les odeurs que nous avons associées – dès notre naissance – à des objets extérieurs ne sont que des signaux électriques que nous ressentons par l'intermédiaire de nos sens.
Parallèlement, il existe quatre types différents de récepteurs chimiques sur le bout de notre langue. Ceux-ci se rapportent aux quatre perceptions du goût que nous pouvons ressentir: le salé, le sucré, l'amer et l'aigre. Nos récepteurs gustatifs transforment ces perceptions en signaux électriques suite à une chaîne de processus chimiques, et les transmettent au cerveau. Ces signaux sont perçus donc en tant que goût par le cerveau. Le goût que nous ressentons quand nous mangeons du chocolat ou un fruit qui nous plaît n'est en réalité que l'interprétation de signaux électriques par le cerveau. Nous n'atteignons donc jamais l'objet qui appartient au monde extérieur; en d'autres mots, nous ne voyons, ne sentons ni ne goûtons le chocolat réellement. Par exemple, si les nerfs gustatifs qui sont reliés au cerveau étaient coupés, le goût des choses que nous mangeons n'atteindrait jamais notre cerveau; nous perdrions alors complètement le sens du goût.
A ce stade, nous sommes obligés d'admettre un autre fait: nous ne pouvons donc jamais savoir si quelqu'un d'autre perçoit la couleur rouge ou entend une note de musique comme nous le faisons nous-mêmes.17
Notre toucher ne fait pas exception à cette règle. Lorsque nous touchons un objet, toute l'information qui nous aide à reconnaître le monde extérieur et les objets est transmise au cerveau par des nerfs sensitifs qui se trouvent sur la peau. Le toucher est donc formé dans notre cerveau. Contrairement à ce que nous croyons généralement, l'endroit où nous percevons notre sens du toucher n'est pas le bout de nos doigts ni notre peau, mais le "centre de perception du toucher" qui se trouve dans notre cerveau. C'est cette interprétation cérébrale des stimulations électriques qui atteignent notre cerveau, qui nous permet d'éprouver ces objets de manière différente et de sentir qu'ils sont, soit durs, mous, chauds ou froids. Nous dérivons tous les détails qui nous aident à reconnaître un objet à partir de ces stimuli. B. Russell et L. Wittgenstein, deux célèbres philosophes, s'expriment ainsi à ce sujet:
"Par exemple, qu'un citron ait vraiment existé ou non et la manière dont il a existé ne peut pas être remis en question et examinés. Un citron n'est qu'un goût éprouvé par la langue, une odeur ressentie par le nez, une couleur et une forme perçues par l'œil; et seules ces caractéristiques-ci peuvent être sujettes à un examen et une évaluation. La science ne peut jamais connaître réellement le monde physique."18
Il est donc impossible pour nous d'atteindre la connaissance du monde physique. Tous les objets qui se trouvent autour de nous ne sont qu'une série de perceptions telles que la vue, l'ouïe et le toucher. Notre cerveau, en traitant les données qu'il reçoit dans notre centre visuel et dans nos autres centres sensoriels, ne confronte jamais, et ceci durant toute notre vie, "l'original" de la matière existant à l'extérieur mais seulement la copie formée à l'intérieur de notre cerveau. Nous nous trompons donc constamment en supposant que ces copies sont en fait de la matière réelle.
"Le monde extérieur" dans notre cerveau
De tous les faits physiques décrits jusqu'ici, nous pouvons déduire la chose suivante: tout ce que nous voyons, touchons, entendons et percevons comme étant de "la matière", de la "Terre" ou de "l'Univers" ne sont en fait que des signaux électriques qui se produisent dans notre cerveau.
Celui qui mange un fruit n'est donc pas confronté au fruit réel mais à une perception formée dans notre cerveau. L'objet considéré par la personne comme étant un fruit n'est en fait qu'une impression électrique, qui a lieu dans le cerveau et qui a la forme, le goût, l'odeur et la structure de ce fruit. Si les nerfs optiques reliés au cerveau étaient soudainement coupés, l'image de ce fruit disparaîtrait aussitôt. Une déconnexion du nerf reliant les senseurs nasaux et le cerveau anéantirait complètement notre odorat. En bref, le fruit n'est rien d'autre que l'interprétation de signaux électriques par le cerveau.
Un autre aspect intéressant est le sentiment de distance. Par exemple, la distance qui se trouve entre vous et ce livre n'est en réalité qu'un sentiment d'espace formé dans votre cerveau. Les objets qui paraissent distants à la vue de quelqu'un existent aussi dans le cerveau. Celui qui regarde les étoiles dans le ciel croit qu'elles sont à une distance de millions d'années lumière. Pourtant, ce qu'il "voit" vraiment ce sont les étoiles qui sont en lui-même, dans son centre visuel. Quand vous lisez ces lignes, vous ne serez pas en réalité dans la pièce où vous croyez vous trouver, la pièce est en vous. Le fait que vous puissiez voir votre propre corps vous pousse à penser que vous êtes à l'intérieur de celui-ci. Pourtant, vous devez vous souvenir que votre corps est aussi une image formée dans votre cerveau.

Ceci est également vrai pour tous nos autres sens. Par exemple, lorsque nous croyons entendre le son de la télévision dans une pièce voisine, nous n'entendons en réalité que le son réfléchi dans notre cerveau. Nous ne pouvons ni prouver l'existence de la pièce voisine ni que le son vienne réellement de la télévision qui se trouve dans ladite pièce. Le raisonnement est le même lorsque nous entendons un son à plusieurs mètres de distance ou lors d'une conversation entre deux personnes; tout ceci en réalité ne représente que des perceptions de l'information contenue dans notre centre auditif qui ne mesure que quelques centimètres xxcarrés dans notre cerveau. Aucun concept comme la droite, la gauche, le devant ou le derrière n'existe excepté dans ce centre de perception. En d'autres termes, le sentiment que le son nous parvient de la droite ou de la gauche n'est qu'une perception; il n'existe aucune direction d'où provient le son.
Il en est de même pour les odeurs que nous percevons; aucune ne nous parviendra de loin. Nous sommes tous convaincus que le résultat final formé dans notre centre olfactif est la vraie odeur des objets du monde extérieur. Pourtant, tout comme l'image d'une rose est dans notre centre visuel, l'odeur d'une rose l'est dans notre centre olfactif; il n'existe en réalité ni rose ni odeur qui appartienne au monde extérieur.
Le "monde extérieur" que nous percevons n'est qu'une simple série de signaux électriques parvenant à notre cerveau. Durant toute notre vie, notre cerveau traite ces signaux et en tire de l'information. Quant à nous, nous vivons sans savoir que nous sommes constamment induits en erreur, en croyant que ce sont les versions originales des êtres existant dans le "monde extérieur". Nous sommes trompés car nous n'atteignons jamais la matière elle-même autrement que par l'intermédiaire de nos sens.
De plus, notre cerveau interprète et attribue un certain sens aux signaux que nous tenons pour être le "monde extérieur". Examinons par exemple notre sens auditif. Notre cerveau transforme les ondes sonores du monde extérieur en quelque chose d'harmonieux, telle une symphonie. La musique est donc aussi une perception créée par notre cerveau. Même les couleurs qui parviennent à nos yeux ne sont que de simples signaux électriques aux longueurs d'ondes diverses. Notre cerveau transforme donc ces signaux en couleurs. Il n'existe aucune couleur dans le "monde extérieur". La pomme n'est pas rouge, le ciel n'est pas bleu, les arbres ne sont pas verts. Ils sont ainsi car nous les percevons de cette manière. Le monde extérieur dépend entièrement de celui qui le perçoit.
Un simple handicap, tel qu'un défaut sur la rétine de l'œil cause le daltonisme. Certaines personnes perçoivent donc du bleu comme étant du vert ou du rouge comme étant du bleu; d'autres perçoivent toutes les couleurs comme étant des dégradés de gris. Ainsi, ce n'est pas important si l'objet extérieur est coloré ou non.
Berkeley, un éminent philosophe, a également attiré notre attention sur cette vérité:
"Au début, on croyait que les couleurs, les odeurs etc. 'existaient vraiment', mais ces hypothèses ont été abandonnées par la suite, et l'on a compris qu'elles existaient seulement en fonction de nos sensations."19
En conclusion, nous voyons des objets colorés non pas parce qu'ils sont colorés et non pas parce qu'ils ont une existence matérielle indépendante et extérieure à nous-mêmes. La vérité concernant la matière est que toutes les qualités que nous attribuons aux objets sont en réalité dans notre intérieur et non pas dans un "monde extérieur".
Que reste-t-il donc de ce "monde extérieur"?
Jusqu'à présent, nous avons constamment mentionné la notion d'un "monde extérieur" et celle d'un monde de perceptions formé dans nos cerveaux, qui est en réalité celui que nous connaissons. Pourtant, puisque nous ne pouvons jamais réellement atteindre le "monde extérieur", comment pouvons-nous être totalement sûrs qu'un tel monde existe vraiment?
A vrai dire, nous ne le pouvons pas. Puisque chaque objet n'est qu'une série de perceptions et que celles-ci existent seulement dans notre cerveau, il est plus correct de dire que le seul monde qui existe vraiment est celui de nos perceptions. En d'autres termes, le seul monde que nous connaissons est celui qui existe dans notre cerveau: ce monde est conçu, enregistré et rendu vivant précisément à cet endroit-là. Pour résumer, ce monde est créé à l'intérieur de notre cerveau et il est en réalité l'unique monde dont nous pouvons être sûrs.
Nous ne pouvons donc jamais prouver que toutes ces perceptions que nous observons dans notre cerveau ont des corrélatifs matériaux. Ces perceptions pourraient en théorie provenir d'une source artificielle.
Il est d'ailleurs possible d'observer cela. Nous savons que de faux stimuli peuvent produire dans notre cerveau un "monde matériel" entièrement imaginaire. Imaginons par exemple un magnétophone très développé avec lequel nous pourrions enregistrer toutes sortes de signaux électriques différents. D'abord, nous transmettrions toute l'information concernant une scène quelconque (en incluant l'image d'un corps) à cet instrument en la transformant en signaux électriques. Puis, imaginons que le cerveau peut survivre séparément du corps. La dernière étape serait de connecter l'enregistreur au cerveau à l'aide d'électrodes qui auraient la même fonction que les nerfs et d'envoyer l'information préenregistrée au cerveau. De cette manière, nous nous retrouverions dans une scène créée totalement artificiellement. Nous pourrions par exemple être amenés à conduire rapidement sur une autoroute. Il ne nous serait jamais possible de réaliser que nous ne sommes constitués de rien sauf d'un cerveau. La raison en est que, ce dont nous avons besoin pour former un monde dans notre cerveau, n'est pas l'existence d'un monde réel mais plutôt celle de stimuli. Il est donc parfaitement possible que ces stimuli nous parviennent d'une source artificielle, tel qu'un magnétophone par exemple.
Lisons ce que Bertrand Russell, philosophe renommé, a écrit à ce sujet:
"Ce sens du toucher, que nous ressentons lorsque nous appuyons nos doigts sur une table, n'est qu'une perturbation électrique qui agit sur les électrons et protons dont nos doigts sont composés, et causée, conformément à la physique moderne, par la proximité des électrons et protons de la table. Si cette même perturbation sur le bout de nos doigts se produisait d'une autre manière, nous devrions avoir des sensations, et ceci bien qu'il n'y ait pas de table."20
Il est en effet pour nous très facile de nous laisser induire en erreur en pensant que ces perceptions sont réelles, alors qu'elles n'ont aucun corrélatif matériel. Nous éprouvons d'ailleurs très souvent ce sentiment dans nos rêves, pendant lesquelles nous vivons des événements, voyons des personnes, des objets et des scènes qui nous paraissent complètement réels. Pourtant, ce ne sont que des perceptions. Il n'existe aucune différence fondamentale entre un rêve et le "monde réel"; tous deux se passent dans le cerveau.Qui est celui qui perçoit?
Comme nous l'avons dit jusqu'ici, cela ne fait donc aucun doute que le monde dans lequel nous croyons vivre et que nous nommons "monde extérieur" soit perçu dans notre cerveau. Pourtant, une question d'importance primordiale doit être posée à ce stade: si tous les événements physiques que nous connaissons sont des perceptions intrinsèques à notre cerveau, qu'est-ce donc alors que notre cerveau? Puisque notre cerveau fait partie du monde physique, tout comme nos bras, nos jambes ou tout autre objet, pourquoi ne serait-il pas une perception lui aussi?
Pour mieux nous éclairer à ce sujet, reprenons l'exemple des rêves. Imaginons que nous voyons un rêve dans notre cerveau conformément à ce que nous avons dit jusqu'ici. Dans ce rêve, nous aurions un corps imaginaire, un bras imaginaire, un œil imaginaire, et un cerveau imaginaire. Si, pendant ce rêve, quelqu'un nous demandait: "Où vois-tu?", nous répondrions: "Je vois dans mon cerveau". Pourtant, il n'existe en vérité aucun cerveau qui vaille la peine d'être mentionné, mais seulement une tête et un cerveau imaginaires. Celui qui voit les images n'est pas le cerveau imaginaire du rêve, mais un "être" qui est de loin "supérieur" à lui.
Nous savons maintenant, qu'il n'existe aucune distinction physique entre une scène onirique et une scène que nous appelons "vie réelle". C'est ainsi que si l'on nous posait dans une scène de la vie réelle la même question, à savoir "où voyez-vous?", cela ne servirait à rien de répondre "dans notre cerveau" comme c'était le cas dans l'exemple ci-dessus. Dans les deux cas, l'entité qui voit et qui perçoit n'est pas le cerveau, qui n'est après tout qu'un morceau de chair.

Si nous analysons un cerveau, nous remarquons qu'il n'est constitué que de lipides et de protéines, qui existent d'ailleurs aussi dans d'autres organismes vivants. Cela signifie que dans ce morceau de chair appelé "cerveau", il n'existe rien qui pourrait observer des images, constituer une conscience ou créer cet être que nous appelons le "moi".
R. L. Gregory explique cette erreur que les gens font fréquemment lorsqu'ils se reportent aux perceptions visuelles du cerveau:
"Il existe une tentation, qui doit être éludée d'ailleurs, de dire que ce sont les yeux qui produisent les images dans le cerveau. L'idée d'une image dans le cerveau suggère la présence d'une sorte d'œil intérieur pour la voir - mais ceci nécessiterait la présence d'un autre œil pour voir cette image... et ce processus continuerait ainsi en une régression infinie d'yeux et d'images. C'est absurde."21
C'est ce point-ci qui crée un dilemme pour les matérialistes, qui affirment que seule la matière est vraie: à qui appartient donc cet "œil intérieur" qui voit, qui perçoit ce qu'il voit et qui réagit?
Karl Pribram s'est également concentré sur l'importante question de savoir qui perçoit réellement, et ceci au sein du monde de la science et de la philosophie:
"Depuis les Grecs, les philosophes n'ont cessé de penser 'à ce fantôme dans la machine', 'à ce petit homme dans le petit homme' etc. Où se trouve le 'je', la personne qui utilise son cerveau? Qui est-il celui qui réalise le fait de savoir? Tout comme saint François d'Assises le dit: 'Ce que nous recherchons est celui qui voit.'22
Réfléchissons un peu maintenant: ce livre qui est entre nos mains, la pièce dans laquelle nous nous trouvons, en bref toutes les images qui nous font face sont vues dans notre cerveau. Sont-ce les atomes qui voient ces images? Des atomes sourds, muets et inconscients? Pourquoi certains atomes auraient-ils acquis cette qualité alors que d'autres ne l'auraient pas? Est-ce que les actes de penser, de comprendre, de se souvenir, d'être heureux ou malheureux ou tout autre acte, consistent en des réactions électrochimiques entre ces atomes?
Si nous réfléchissons calmement à ces questions, nous constatons qu'il est ridicule de chercher une volonté quelconque dans les atomes. Il est clair que celui qui voit, qui entend et qui sent est un être supra-matériel. Cet être est bel et bien "vivant" et n'est ni de la matière, ni une image de cette matière. Cet être s'associe à des perceptions qui lui font face en se servant de l'image de notre corps.
Cet être est notre "âme".
Cet agrégat de perceptions que nous appelons "monde matériel" n'est en réalité rien d'autre qu'un rêve observé par cette âme. Tout comme le corps que nous possédons, le monde matériel que nous percevons dans nos rêves n'existe pas réellement; l'Univers dans lequel nous habitons et le corps que nous possédons n'ont pas non plus une réalité matérielle.
L'être réel est notre âme. La matière ne consiste qu'en de simples perceptions envisagées par notre âme. Les êtres intelligents qui écrivent et lisent ces lignes ne sont pas juste un amas d'atomes, de molécules et de réactions chimiques qu'ils partagent, mais des "âmes".
L'être réel absolu
Tous ces faits nous obligent à affronter une question très importante. Si ce que nous considérons comme étant le monde matériel n'est qu'un amas de perceptions vues par notre esprit, mais alors quelle est la source de ces perceptions?
Pour répondre à cette question, nous devons tout d'abord considérer le point suivant: la matière n'a pas d'existence indépendante. Puisque la matière est une perception, elle est en quelque sorte "artificielle". En d'autres mots, cette perception doit être causée par une autre force, ce qui revient à dire qu'elle a dû être créée. En outre, cette création se doit d'être continue. S'il n'existait aucune création continue et cohérente, tout ce que nous appelons matière disparaîtrait. Nous pourrions comparer cette situation à une télévision où une image est montrée aussi longtemps que le signal continue à être diffusé. Mais alors, qui est-ce qui permet à nos âmes d'observer les étoiles, le monde, les plantes, les gens, nos corps et toutes les autres choses que nous voyons?
Il est évident qu'il existe un Créateur, qui a créé l'Univers entier, c'est-à-dire la somme de toutes ces perceptions et qui continue sans cesse d'œuvrer sur Sa création. Puisque ce Créateur nous dévoile une création si magnifique, Il doit sûrement détenir une force et une puissance éternelles.
Ce Créateur s'est Lui-même présenté à nous. Il a fait descendre un livre sur terre et, à travers ce livre Il a Lui-même décrit, l'homme, l'Univers et la raison de notre existence.

Ce Créateur est Dieu et Son Livre est le Coran.
Les vérités qui nous conduisent à penser que les cieux et la terre, c'est-à-dire l'Univers, ne sont pas stables, que leur présence n'est possible que parce que Dieu les a créés, et qu'Il les fera disparaître quand Il mettra fin à Sa création, sont toutes expliquées dans le verset suivant:
Allah retient les cieux et la terre pour qu'ils ne s'affaissent pas. Et s'ils s'affaissaient, nul autre après Lui ne pourra les retenir. Il est Indulgent et Pardonneur. (Surat Fatir: 41)
Comme nous l'avons mentionné au début, certaines personnes n'ont pas une compréhension véritable et sincère de Dieu. C'est pourquoi, elles L'imaginent comme un être qui est présent quelque part dans les cieux mais qui n'intervient pas du tout dans les affaires de ce monde. Les fondements de cette logique résident dans la croyance que l'Univers n'est qu'un ensemble de matière et que Dieu se trouve "en dehors" de ce monde matériel, dans un endroit retiré. Dans certaines religions erronées, la croyance en Dieu se limite à cette compréhension.
Pourtant, comme nous venons de l'indiquer, la matière n'est composée que de sensations. Et l'unique être réel absolu est Dieu. Cela veut dire que seul Dieu existe; toutes les autres choses ne sont en réalité que des ombres. De cette manière, il est impossible de concevoir Dieu comme étant séparé et en dehors de toute cette masse de matière. Dieu est sans aucun doute "partout" et Il inclut toute chose. Cette vérité est d'ailleurs expliquée dans le Coran de la façon suivante:
Allah! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par lui-même "al-Qayyum". Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n'embrassent que ce qu'Il veut. Son Trône "Kursiy" déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand.. (Surat al-Baqarah: 255)
Un autre verset du Coran mentionne de plus que Dieu est indépendant de l'espace et qu'Il inclut de manière indirecte toute chose:
A Allah seul appartiennent l'Est et l'Ouest. Où que vous vous tourniez, la Face (direction) d'Allah est donc là, car Allah a la grâce immense; Il est Omniscient. (Surat al-Baqarah: 115)
Puisque chaque être matériel est une perception, personne ne peut voir Dieu; mais Dieu voit la matière qu'Il a créée sous toutes ses formes. Nous pouvons lire dans le Coran: "Les regards ne peuvent l'atteindre, cependant qu'Il saisit tous les regards. Et Il est le Doux, le Parfaitement Connaisseur." (Surat al-An'am: 103)
Ainsi nous ne pouvons pas comprendre l'existence de Dieu à l'aide de nos yeux, mais nous savons que Dieu inclut entièrement notre être intérieur et extérieur, nos regards et nos pensées. Nous ne pouvons ni prononcer un mot, ni même respirer sans qu'Il le sache.
Bien que nous ressentions ces perceptions sensorielles tout au long de nos vies, l'être le plus proche de nous n'est aucunement une de ces sensations, mais bien Dieu Lui-même. Le verset suivant nous dévoile le secret de cette réalité: "Nous avons effectivement créé l'homme et Nous savons ce que son âme lui suggère et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire." (Surat Qaf: 16)
Lorsqu'une personne pense que son corps n'est composé que de "matière", elle ne peut en aucun cas comprendre cette vérité qui est pourtant si importante. Si elle considère son cerveau comme étant "soi-même", l'endroit qu'elle considère comme étant extérieur à elle n'est alors éloigné que de 20 à 30 cm. Quand elle comprend que la matière n'existe pas mais que chaque chose n'est en réalité que le résultat de sa propre imagination, les notions comme le dehors, le dedans, le lointain ou le proche perdent tout leur sens. Dieu l'entoure complètement et Il est "infiniment proche" d'elle.
Dans le verset suivant, Dieu met en évidence Sa proximité avec les hommes:
Et quand Mes serviteurs t'interrogent sur Moi.. alors Je suis tout proche... (Surat al-Baqarah: 186)
Il l'affirme également dans un autre verset:
Et lorsque Nous te disions que ton Seigneur cerne tous les gens (par Sa puissance et Son savoir). Quant à la vision que Nous t'avons montrée, Nous ne l'avons faite que pour éprouver les gens, tout comme l'arbre maudit mentionné dans le Coran. Nous les menaçons; mais cela ne fait qu'augmenter leurs grande transgression. (Surat al-Isra: 60)
L'homme est donc induit en erreur lorsqu'il pense que son être représente la chose la plus proche de lui-même. Car Dieu est assurément plus proche de nous que nous le sommes de nous-mêmes. Il attire notre attention sur ce point dans le verset suivant:
Lorsque le souffle de la vie remonte à la gorge (d'un moribond), et qu'à ce moment-là vous regardez, et que Nous sommes plus proche de lui que vous [qui l'entourez] mais vous ne [le] voyez point. (Surat al-Waqi’a: 83-85)
Comme ce verset nous l'indique, les gens vivent sans prendre connaissance de ce fait phénoménal probablement parce qu'ils ne l'observent pas avec leurs propres yeux.
D'un autre côté, il est complètement impossible pour l'homme, qui n'est rien qu'un être d'ombre, d'avoir une force et une volonté indépendantes de Dieu. Du reste, le 96ème verset de la sourate as-Saffat, "... c'est Allah qui vous a créés, vous et ce que vous fabriquez", démontre bien que tout se produit sous le contrôle de Dieu. Dans le Coran, cette réalité est déclarée dans le verset suivant:
Ce n'est pas vous qui les avez tués: mais c'est Allah qui les a tués... (Surat al-Anfal: 17)
Cette sourate indique donc bien que rien n'est indépendant de Dieu. Puisque l'humain est un être d'ombre, il ne peut accomplir le fait de par lui-même. Pourtant, Dieu a doté cet être d'ombre du sentiment de "soi". En réalité, c'est Dieu qui accomplit tous les actes. Ainsi, si quelqu'un considère les actes qu'il accomplit comme étant les siens, il se tromperait fortement.
Ceci est la réalité. Une personne peut bien ne pas vouloir accepter cette vérité et se considérer comme un être indépendant de Dieu, cela n'y change rien, car même son déni imprudent se produit aussi grâce à la volonté et à la puissance de Dieu.
C'est donc un fait reconnu scientifiquement que le "monde extérieur" n'a pas une réalité matérielle et qu'il n'est qu'un ensemble d'images présentées continuellement à notre âme par Dieu. Néanmoins, certaines personnes n'incluent pas ou plutôt généralement ne veulent pas tout inclure dans le concept de "monde extérieur".
Réfléchissons à ce sujet d'une manière sincère et courageuse. Nous nous rendrons compte que notre maison, nos meubles, notre voiture – que nous venons peut-être d'acheter – notre bureau, nos bijoux, notre compte bancaire, notre garde-robe, notre époux, nos enfants, nos collègues et tout ce que nous possédons sont en réalité inclus dans ce monde extérieur imaginaire qui est projeté à notre être. Tout ce que nous voyons, entendons, sentons – en d'autres termes – percevons autour de nous grâce à nos cinq organes sensoriels fait partie de ce "monde imaginaire": la voix de notre chanteur favori, la dureté de la chaise sur laquelle nous sommes assis, un parfum dont nous aimons l'odeur, le soleil qui nous tient chaud, une fleur aux belles couleurs, un oiseau passant devant notre fenêtre, une vedette naviguant à toute allure sur l'eau, la terre fertile de notre jardin, l'ordinateur que nous employons pour notre travail ou encore notre hi-fi dernier cri...
Ceci est la réalité, car le monde n'est qu'une série d'images créées pour mettre l'homme à l'épreuve. Les gens sont mis à l'épreuve durant leur courte vie par des perceptions qui n'existent pas. Ces perceptions nous sont bien évidemment présentées, et ceci intentionnellement, comme attrayantes et séduisantes. Ce fait est du reste lui aussi mentionné dans le Coran:
On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils désirent: femmes, enfants, trésors thésaurisés d'or et d'argent, chevaux marqués, bétail et champs; tout cela est l'objet de jouissance pour la vie présente, alors que c'est près d'Allah qu'il y a bon retour. (Surat Ali-Imran: 14)
A cause de l'attrait que peuvent procurer la richesse, les magots entassés d'or et d'argent, les dollars, les bijoux, les comptes bancaires, les cartes de crédit, les garde-robes pleines de vêtements, les voitures dernier modèle; en d'autres termes, à cause de toutes les formes de prospérité qu'elles possèdent déjà ou essaient de posséder, de nombreuses personnes négligent leur religion. Ces gens se concentrent donc seulement sur ce monde et oublient l'Au-delà. Ils sont induits en erreur par l'aspect "beau et attirant" de cette vie. Ainsi, négligent-ils de faire la prière, de donner l'aumône aux pauvres et d'accomplir l'adoration qui les feront prospérer dans l'Au-delà. Au lieu de cela, ils s'exclament: "J'ai des idéaux", "j'ai des responsabilités", "je n'ai pas assez de temps", "j'ai des affaires à compléter" ou "je ferai cela plus tard". Ils passent leur vie à essayer de prospérer uniquement sur cette terre. Dans le verset "ils connaissent un aspect de la vie présente, tandis qu'ils sont inattentifs à l'au-delà" (Surat ar-Rum: 7), cette fausse perception est clairement décrite.
Le fait que nous décrivons dans ce chapitre, notamment que tout ne consiste qu'en une image, est fondamental car ses implications ôtent tout sens à toutes les passions et à de nombreux désirs. La vérification de ce fait prouve que ce que les gens possèdent ou tentent de posséder – leur fortune acquise par avidité, leurs enfants dont ils se vantent, leurs époux ou épouse qu'ils considèrent proche d'eux-mêmes, leurs amis, leur corps qui leur sont chers, leur statut social qu'ils utilisent pour se distinguer les uns des autres, les écoles dont ils sont sortis diplômés, les vacances qu'ils passent – ne sont rien qu'une illusion. C'est pourquoi tous ces efforts, tout ce temps dépensé, toute cette avidité s'avèrent être sans importance.
Ceci explique aussi pourquoi certaines personnes sont induites en erreur de façon inconsciente. En se vantant de la sorte de leur fortune, de leurs propriétés ou de leurs yachts, elles agissent comme si toutes ces choses existaient réellement. Ces personnes riches ou aisées, qui voyagent dans leurs yachts d'une manière ostentatoire, qui montrent fièrement leurs nouvelles voitures, qui parlent sans cesse de leur fortune, qui estiment que leurs possessions les mettent à un niveau plus élevé que tous les autres et qui en plus pensent avoir réussi grâce à tout cela, devraient plutôt penser à la situation dans laquelle elles se trouveront lorsqu'elles se rendront compte que tout ce succès n'était en fait qu'une pure illusion.
Ces scènes sont la plupart du temps aussi rencontrées dans les rêves. Dans leurs songes, ces gens ont aussi des maisons, des voitures rapides, des bijoux extrêmement précieux, des piles de dollars et des lingots d'or et d'argent. Dans leurs rêves, ils appartiennent également à la classe supérieure, possèdent des usines et ont le privilège de régner sur des milliers d'ouvriers, mettent des habits que tout le monde souhaiterait porter. Comme chaque personne, qui à son réveil oserait se vanter de toutes ces possessions imaginaires, se verrait ridiculisée, il en va de même pour celui qui se vante des images qu'il voit dans ce monde. Ce qu'il voit dans ses rêves et dans ce monde ne représente que des images créées dans son cerveau.
D'une manière similaire, la réaction des gens face à des événements qu'ils vivent dans ce monde les rendra honteux lorsqu'ils se rendront compte de la réalité. Ceux qui se disputent violemment, ceux qui s'emportent furieusement, s‘escroquent, se soudoient, commettent des falsifications, mentent, comptent avidement leur argent, font du mal aux gens, maltraitent et maudissent les autres, se mettent en colère, ne pensent qu'à leur statut et à leur rang, sont envieux et se vantent, seront totalement déshonorés lorsqu'ils réaliseront que tout ces actes accomplis n'étaient qu'un rêve.
Puisque c'est Dieu qui crée toutes ces images, Il est le Seul et l'Unique Possesseur de toute chose. Ce fait est d'ailleurs souligné dans le Coran:
C'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah embrasse toute chose (de Sa science et de Sa puissance). (Surat an-Nisa: 126)
C'est donc une pure folie que de mettre la religion de côté au nom de passions imaginaires et de perdre ainsi la vie éternelle qui signifierait une privation éternelle.
A ce stade, il nous faut souligner un point important: nous ne sommes pas en train de dire ici que "les possessions, la fortune, les enfants, l'époux et l'épouse, les amis, le rang que vous avez vont disparaître tôt ou tard, et qu'ils n'ont donc aucun sens", mais nous indiquons que "toutes les possessions que vous croyez avoir n'existent pas réellement et qu'elles sont seulement des rêves composés d'images que Dieu nous montre pour nous mettre à l'épreuve". Comme vous pouvez le constater, il existe une grande différence entre ces deux phrases.
Même si quelqu'un ne veut pas admettre cela tout de suite et se laisse induire en erreur en supposant que tout ce qu'il possède existe vraiment, chacun finira par mourir et, dans l'Au-delà, au moment où nous serons tous recréés tout deviendra alors clair. Ce jour-là, "la vue est perçante" (Surat Qâf, 22) et nous verrons tout plus intelligiblement. Et à ce moment, si nous avons passé notre vie entière à courir après des buts imaginaires, nous souhaiterons n'avoir jamais vécu cette vie et dirons: "Hélas, comme j'aurais souhaité que [ma première mort] fût la définitive. Ma fortune ne ma servi à rien. Mon autorité est anéantie et m'a quitté!" (Surat al-Haqqah: 27-29)
C'est pourquoi ce que devrait faire tout homme sage, et ceci pendant qu'il en a encore le temps, serait d'essayer de comprendre la réalité de l'Univers alors qu'il est sur terre. Autrement, il passera toute sa vie à courir après des rêves et sera obligé d'affronter à la fin un châtiment très grave. L'état final – auquel ces personnes qui courent toute leur vie après des illusions (ou des mirages) dans ce monde et oublient leur Créateur – seront confrontées, est décrit dans le verset suivant:
Quant à ceux qui ont mécru, leurs actions sont comme un mirage dans une plaine désertique que l'assoiffé prend pour de l'eau. Puis quand il y arrive, il s'aperçoit que ce n'était rien; mais y trouve Allah qui lui règle son compte en entier, car Allah est prompt à compter. (Surat an-Nur: 39)
Les défauts logiques des matérialistes
Dès le début de ce chapitre, nous avons clairement déclaré que la matière n'a pas d'être absolu contrairement à ce que prétendent les matérialistes, mais qu'elle est plutôt une série d'impressions sensorielles créées par Dieu. Les matérialistes refusent cette réalité évidente d'une manière extrêmement dogmatique et avancent des antithèses sans fondement. A lui seul, ce fait détruit leur philosophie.
George Politzer, un marxiste ardent et un des plus grands avocats de la philosophie matérialiste du 20ème siècle, a donné "l'exemple du bus" comme étant "la plus grande preuve" de l'existence de la matière. Selon Politzer, les philosophes qui pensent que la matière n'est qu'une perception, s'enfuissent aussi vite que possible lorsqu'ils voient un bus qui est sur le point de les écraser. Pour lui, c'est une preuve de l'existence physique de la matière.23
Lorsqu'on a dit au célèbre matérialiste Johnson, que la matière n'était qu'une série de perceptions, il essaya de "prouver" l'existence physique des pierres en leur donnant un simple coup de pied.24
Un exemple semblable est donné par Friedrich Engels, le mentor de Politzer et le co-fondateur du matérialisme dialectique avec Marx. Il a écrit: "Si les gâteaux que nous mangeons n'étaient que de simples perceptions, notre appétit ne serait pas satisfait."25
Beaucoup d'autres exemples similaires existent dans les livres des célèbres matérialistes qu'ont été Marx, Engels, Lénine etc. ainsi que quelques phrases outrageuses telles que "vous comprenez l'existence de la matière quand on vous donne une gifle sur le visage".
La raison pour laquelle ces matérialistes donnent des exemples de ce genre-là est qu'ils interprètent l'explication "la matière est une perception" comme "la matière est un jeu de lumière". Ils pensent donc que la perception est limitée à la vue et que les autres sens tels que le toucher comporte des corrélatifs physiques. Ainsi, un bus qui écrase un homme leur fait dire: "Regardez, il l'a écrasé, ce n'est donc pas une perception." Ils ne comprennent pas, que toutes les perceptions ressenties lors d'un accident de bus, comme la dureté du choc, la collision et la souffrance, naissent également dans notre cerveau.
L'exemple des rêves
Le meilleur exemple pour expliquer cette réalité est le rêve. Une personne peut vivre des événements très réalistes pendant son rêve. Elle peut tomber d'un escalier et se casser une jambe, avoir un grave accident de voiture, être écrasée par un bus ou encore manger un gâteau et se sentir rassasiée. Des événements semblables à ceux vécus dans nos vies quotidiennes sont également éprouvés dans nos rêves. Ils procurent la même sensation de persuasion du réel que dans la réalité et ils éveillent des sentiments identiques.
En rêve, une personne peut donc se voir écrasée par un bus, rouvrir ses yeux dans un hôpital et comprendre qu'elle est devenue infirme, alors qu'il ne s'agit là que d'une perception. Elle peut aussi rêver qu'elle meurt lors d'un accident de voiture, que les anges de la mort prennent son âme et que sa vie dans l'Au-delà commence. (Cet événement peut être éprouvé de la même manière dans la vie, qui, comme le rêve, n'est qu'une perception.)
Cette personne perçoit ainsi très finement les images, les sons, la solidité, la lumière, les couleurs et toutes les autres perceptions de l'événement qu'elle a éprouvé dans son rêve. Les sensations qu'elle éprouve pendant son rêve sont donc tout aussi naturelles que celles éprouvées dans la vie "réelle". Le gâteau qu'elle mange dans son rêve la satisfait tout autant, bien que ce soit seulement une perception du rêve, car le fait d'être rassasié est aussi une perception. Pourtant, à ce moment-là cette personne est en réalité couchée sur son lit. Il n'existe ni escalier, ni circulation et ni bus à considérer. Le rêveur a des sentiments et ressent des perceptions qui n'existent pas dans le monde extérieur. Le fait même que dans nos rêves, nous éprouvions, voyions et sentions des événements qui n'ont aucun corrélatif physique dans le "monde extérieur", révèle très clairement que ce "monde extérieur" qui constitue nos vies en état d'éveil n'est également qu'une perception.
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Ceux qui croient à la philosophie matérialiste, et tout particulièrement les marxistes, sont furieux lorsqu'on leur parle de la réalité de l'essence de la matière. Ils citent des exemples de raisonnement superficiel appartenant à Marx, à Engels ou à Lénine et font des déclarations émotionnelles.

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