
l'intemporalité et la realité du destin
tout ce qui est relaté jusqu'à maintenant démontre que "l'espace
tridimensionnel" n'existe pas en réalité, que c'est un préjugé
complètement fondé sur des perceptions et que l'on mène
sa vie entière "en dehors de tout espace". En fait, il n'y a aucune
preuve tangible de l'existence d'un monde tridimensionnel
concret. L'univers que nous peuplons est une somme d'images en une composition
de jeux de lumière et d'ombre. Affirmer le contraire ne serait que
faire foi à une croyance superstitieuse très éloignée de la raison et de la vérité
scientifique.
Cela réfute l'hypothèse essentielle de la philosophie matérialiste, l'idée
que la matière est absolue et éternelle. La deuxième supposition, sur laquelle
repose la philosophie matérialiste, est que le temps est absolu et éternel.
C'est tout aussi superstitieux que dans le premier cas.
La perception du temps
Le temps tel que nous le percevons se résume à une méthode qui consiste
à comparer un moment à un autre. De façon plus concrète, nous pouvons
l'expliquer par l'exemple suivant. Ainsi, quand une personne frappe
un objet, elle entend un son particulier. Quand elle frappe le même objet
cinq minutes plus tard, elle entend un autre son. Elle perçoit qu'il y a un
intervalle entre le premier et le deuxième son et c'est cet intervalle que nous
appelons le "temps". Encore qu'au moment où le deuxième son se fait
entendre, le premier son n'est plus qu'une imagination mentale. C'est simplement
une parcelle d'information dans la mémoire. Nous ne formulons le
concept de "temps" qu'en comparant le moment que nous vivons au souvenir
que nous gardons en mémoire. Si cette comparaison n'était pas établie,
il ne pourrait exister aucun concept de temps.
De façon similaire, l'occupant d'une pièce fait une comparaison quand il
voit quelqu'un entrer par une porte et s'asseoir dans un fauteuil au milieu
de la pièce. Au moment où le nouveau venu s'assied dans le fauteuil, les
images, qui se rapportent au moment où il ouvre la porte, où il entre dans
la pièce et va vers le fauteuil, sont collectées comme de petites parcelles
d'information dans le cerveau de celui qui le voit. La perception du temps
prend son sens lorsqu'il compare l'homme assis dans le fauteuil avec les
petites parcelles d'information collectées.
En résumé, le temps n'existe que comme le résultat de comparaisons établies
entre quelques illusions mémorisées dans le cerveau. Si l'homme
n'avait pas de mémoire, son cerveau ne ferait pas de telles interprétations
et il n'aurait de ce fait jamais formé le concept de temps. La seule raison qui
permet à quelqu'un de déterminer son âge de trente ans est l'information
accumulée se rapportant à ces trente ans qui existent dans son esprit. Si sa
mémoire n'existait pas, il n'aurait sûrement pas pensé à l'existence d'une
période précédente et ne percevrait que le seul "moment" qu'il vit – et ceci
est un élément très important.
L'explication scientifique de l'intemporalité
Essayons de clarifier la question en proposant les explications de divers
hommes de science et savants spécialistes du sujet. Quant au temps se
déroulant en arrière, le célèbre intellectuel et lauréat du prix Nobel, le professeur
de génétique François Jacob, expose la chose suivante dans son
livre Le jeu des possibles:
"Les films passés en arrière nous permettent d'imaginer un monde dans lequel
le temps se déroule en sens inverse. Un monde dans lequel le lait se sépare
du café et saute de la tasse pour revenir à la casserole de lait; un monde dans
lequel des rayons de lumière sont émis des murs pour être assemblés dans un
piège (le centre de gravité) au lieu de jaillir d'une source de lumière; un
monde dans lequel une pierre incline vers la paume d'un homme par la
coopération stupéfiante d'innombrables gouttes d'eau qui permettent à la pierre
de sauter de l'eau. Encore que, un monde pareil dans lequel le temps a de
telles fonctions opposées, les processus de notre cerveau et la manière dont
notre mémoire collecte l'information fonctionneraient, de la même façon, en
arrière. Il en serait de même pour le passé et le futur, et le monde nous apparaîtrait
exactement comme il nous apparaît maintenant."31
Comme notre cerveau est habitué à un ordre d'événements déterminé,
le monde ne fonctionne pas comme il est rapporté plus haut. Mais, nous
supposons que le temps est toujours allé de l'avant. Cependant, c'est un
choix décidé dans le cerveau mais qui est relatif. Si les petites parcelles d'information
de notre mémoire étaient organisées comme dans les films que
nous repassons dans le sens contraire, le passage du temps se déroulerait
dans le sens contraire pour nous. Dans ce cas de figure, nous commencerions
à prendre le passé pour le futur et le futur pour le passé, et nous
vivrions nos vies dans un ordre totalement inverse.
En réalité, nous ne pouvons jamais savoir comment le temps suit son
cours ou même s'il suit ou non son cours. Ceci nous montre que le temps
n'est pas un fait absolu, mais il n'est qu'une sorte de perception.
La relativité du temps est également un fait démontré par un des plus
grands physiciens du 20ème siècle, Albert Einstein. Lincoln Barnett écrit dans
son livre The Universe and Dr. Einstein (L'Univers et le docteur Einstein):
"De même que pour l'espace absolu, Einstein a rejeté le concept de temps
absolu – un flux de temps inexorable, universel et stable, qui suivrait un cours
régulier du passé infini à l'avenir infini. Une grande partie de la confusion
autour de la théorie de la relativité provient du fait que l'homme a du mal à
admettre que le sens de temps, comme le sens de la couleur, est une forme de
perception. De la même manière que l'espace est simplement un ordre possible
d'objets matériels, le temps est simplement un ordre possible d'événements. La
subjectivité du temps est mieux expliquée dans les propres mots d'Einstein. 'Les
expériences d'un individu' dit-il, 'nous apparaissent ordonnées dans une suite
d'événements; dans cette suite, les événements particuliers dont nous nous souvenons
semblent être ordonnés selon les critères d'avant et d'après. Il existe
donc, pour l'individu, un "temps-Je" ou temps subjectif. Ce n'est pas en soi
mesurable. Je peux, en effet, associer des nombres avec des événements de
telle façon qu'un nombre plus grand est associé à un événement postérieur'."32
Comme Barnett le cite dans son livre, Einstein a lui-même souligné que
"l'espace et le temps sont des formes d'intuition qui ne peuvent pas plus
être séparées de la conscience que ne le sont nos concepts de couleur, de
forme ou de taille". Selon la théorie de relativité générale, le temps n'a aucune
existence indépendante à l'exception de l'ordre des événements par lesquels
nous le mesurons.33
Comme le temps est fondé sur la perception, il dépend entièrement de
celui qui le perçoit et en est donc relatif.
La vitesse à laquelle les flux de temps diffèrent dépend des références
que nous utilisons pour le mesurer, parce qu'il n'existe aucune horloge
naturelle dans le corps humain pour mesurer précisément la vitesse du
temps qui passe. Comme Lincoln Barnett l'a écrit: "Tout comme la couleur
n'existe pas sans l'oeil pour la discerner, un instant, une heure ou un jour ne
sont rien sans un événement pour les marquer."34
La relativité du temps est pleinement vécue dans les rêves. Même si ce
que nous voyons dans nos rêves semble durer des heures, dans la réalité
cela ne dure que quelques minutes, voire quelques secondes.
Prenons un exemple pour clarifier davantage notre propos. Supposons
que nous ayons été mis dans une pièce avec une seule fenêtre spécialement
conçue à cet effet et que nous ayons été retenus à cet endroit pendant une
certaine période. Une horloge dans la pièce nous permettrait de voir le
temps passé. En même temps, nous serions en mesure de voir par la fenêtre
le lever et le coucher du soleil à certains intervalles. Quelques jours plus
tard, la réponse que nous donnerions à la question portant sur le temps
passé dans la pièce serait basée à la fois sur les informations recueillies en
regardant l'horloge de temps en temps et sur le calcul que nous aurions fait
en nous référant au nombre de fois où le soleil s'était levé et couché.
Imaginons que, selon nos estimations, nous avons passé trois jours dans la
pièce. Toutefois, si la personne qui nous avait mis dans cette pièce affirmait
que nous n'y avons passé que deux jours et que le soleil que nous avions
vu par la fenêtre avait été artificiellement produit par une machine de simulation
et que l'horloge dans la pièce avait été réglée de manière à fonctionner
plus rapidement, alors le calcul que nous aurions fait n'aurait aucun sens.
Cet exemple confirme que les informations que nous avons sur la vitesse
à laquelle le temps passe sont basées sur des références relatives.
De façon identique, le fait que chacun perçoive différemment la vitesse
du temps qui passe selon les situations est la preuve que le temps n'est
qu'une perception psychologique. A titre d'exemple, lorsque vous avez rendez-
vous avec un ami, un retard de dix minutes de sa part vous semblerait
interminable, ou du moins très long. Alors qu'à l'inverse une personne qui
manque de sommeil mais doit se réveiller pour aller à l'école ou au travail,
dix minutes supplémentaires peuvent paraître très longues. Elle peut même
penser que tout son besoin en sommeil a été satisfait dans ces dix minutes.
En certaines circonstances, c'est le contraire qui se produit. Vous vous souvenez
sûrement de vos années d'école. Après quarante minutes de cours qui
vous semblaient une éternité, les dix minutes de pause pouvaient vous sembler
passer très vite.
La méthodologie scientifique a démontré la validité de la thèse de la relativité
du temps. La théorie de relativité générale d'Einstein maintient que la
vitesse du temps change en fonction de la vitesse de l'objet et de sa position.
Plus la vitesse augmente, plus le temps est écourté et comprimé: il
ralentit comme s'il allait "s'arrêter".
Essayons de l'expliquer par un exemple donné par Einstein lui-même.
Imaginez des jumeaux, l'un d'entre eux restant sur Terre et l'autre voyageant
dans l'espace à une vitesse proche de celle de la lumière. A son retour, le
voyageur verrait que son frère est beaucoup plus âgé que lui. La raison en
est que le temps est beaucoup plus lent pour une personne qui voyage à
des vitesses proches de la vitesse de la lumière. Le même cas s'appliquerait
à un père voyageant à travers l'espace dans une fusée, dont la vitesse serait
de 99% celle de la vitesse de la lumière, et à son fils resté sur Terre. Si le
père est âgé de vingt-sept ans lorsqu'il part, son fils n'ayant que trois ans
d'âge, à son retour sur Terre trente ans plus tard (en temps terrestre) son
fils serait âgé de trente trois ans alors que le père ne serait âgé que de trente
ans seulement.35
La relativité du temps n'est pas due au ralentissement ou à l'accélération
des horloges, ni au ralentissement d'un ressort mécanique. C'est plutôt le
résultat des périodes d'opérations différenciées de tout le système matériellement
existant; un système qui va jusqu'aux particules subatomiques.
Autrement dit, pour celui qui vivrait cette expérience, le raccourcissement
du temps n'est pas vécu comme s'il s'agissait du ralenti d'une action d'un
film. Dans un tel décor où le temps est raccourci, les battements du coeur,
la reproduction des cellules et les fonctions cérébrales etc. tout fonctionne
plus lentement. Néanmoins, celui qui le subit poursuit sa vie quotidienne et
ne constate aucun changement.
La relativité dans le Coran
Les découvertes de la science moderne nous mènent à la conclusion que
le temps n'est pas un fait absolu comme supposé par les matérialistes, mais
seulement une perception relative. Ce qui est le plus intéressant est que ce
fait, découvert par la science au 20ème siècle, a été révélé à l'humanité par
le Coran quatorze siècles plus tôt. Plusieurs références à la relativité du
temps existent dans le Coran.
Dans beaucoup de versets du Coran, il est fait mention du fait, scientifiquement
démontré, que le temps est une perception psychologique qui
dépend des événements, du lieu et des conditions. Par exemple, que la vie
entière d'une personne se passe en un temps très court, comme nous le dit
le Coran:
Le jour où Il vous appellera, vous Lui répondrez en Le glorifiant. Vous penserez
cependant que vous n'êtes restés [sur terre] que peu de temps! (Surat al-Isra: 52)
Et le jour où Il les rassemblera, ce sera comme s'ils n'étaient restés qu'une
heure du jour et ils se reconnaîtront mutuellement…" (Surat Yunus: 45)
Quelques versets indiquent que les gens perçoivent le temps différemment
et qu'ils peuvent d'autres fois percevoir une période très courte
comme un très long moment. La conversation suivante qui se tient pendant
le jugement, dans l'Au-delà, est un bon exemple:
Il dira: "Combien d'années êtes-vous restés sur terre?" Ils diront: "Nous y avons
demeuré un jour, ou une partie d'un jour. Interroge donc ceux qui comptent."
Il dira: "Vous n'y avez demeuré que peu [de temps], si seulement vous saviez.
(Surat al-Muminune: 112-114)
Dans d'autres versets, Dieu déclare que le temps peut s'écouler différemment
selon différentes situations:
…Cependant, un jour auprès de ton Seigneur, équivaut à mille ans de ce que
vous comptez. (Surat al-Hajj: 47)
Les Anges ainsi que l'Esprit montent vers Lui en un jour dont la durée est de
cinquante mille ans. (Surat al-Maarij: 4)
Du ciel à la terre, Il administre l'affaire, laquelle ensuite monte vers Lui en un
jour équivalent à mille ans de votre calcul. (Surat as-Sajdah: 5)
Ces versets sont une expression claire de la relativité du temps. Cette
découverte, très récemment appréhendée par les hommes de sciences du
20ème siècle, a été révélée à l'homme dans le Coran voilà 1400 ans. Il s'agit
là d'une indication manifeste de la révélation du Coran par Dieu, qui
embrasse la totalité du temps et de l'espace.
Beaucoup d'autres versets du Coran révèlent que le temps est une perception.
C'est particulièrement manifeste dans les récits. Notamment,
lorsque Dieu maintient les Compagnons de la Caverne, un groupe de
croyants cités par le Coran, dans un profond sommeil pendant plus de trois
siècles. Lorsqu'ils se réveillent, ils pensent n'être restés endormis que pendant
un petit moment et ne peuvent savoir combien de temps a duré leur
sommeil:
Alors Nous avons assourdi leurs oreilles, dans la caverne pendant de nombreuses
années. Ensuite, Nous les avons ressuscités, afin de savoir lequel des
deux groupes saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour. (Surat
al-Kahf: 11-12)
Et c'est ainsi que Nous les ressuscitâmes, afin qu'ils s'interrogent entre eux.
L'un parmi eux dit: "Combien de temps avez-vous demeuré là?" Ils dirent:
"Nous avons demeuré un jour ou une partie d'un jour." D'autres dirent: "Votre
Seigneur sait mieux combien [de temps] vous y avez demeuré..." (Surat al-
Kahf: 19)
La description que nous propose ce dernier verset nous montre encore
une fois que le temps est en vérité une perception psychologique.
Ou comme celui qui passait par un village désert et dévasté: "Comment Allah
va-t-Il redonner la vie à celui-ci après sa mort?" dit-il. Allah donc le fit mourir
et le garda ainsi pendant cent ans. Puis Il le ressuscita en disant: "Combien de
temps as-tu demeuré ainsi?" "Je suis resté un jour", dit l'autre, "ou une partie
d'une journée." "Non!" dit Allah, "tu es resté cent ans. Regarde donc ta nourriture
et ta boisson: rien ne s'est gâté; et regarde ton âne. Et pour faire de toi
un signe pour les gens, regarde ces ossements, comment Nous les assemblons
et les revêtons de chair." Et devant l'évidence, il dit: "Je sais qu'Allah est
Omnipotent." (Surat al-Baqarah: 259)
Le verset précédent souligne clairement que Dieu, qui a créé le temps,
n'y est pas lié. L'homme, de son côté, est limité par le temps, qui est décré-
té par Dieu. L'homme est même incapable de savoir combien de temps il a
dormi, comme nous l'apprend le verset. Ceci étant ainsi, affirmer que le
temps est absolu (comme le font les matérialistes dans leur façon de pensée
tordue) est totalement déraisonnable.
Le destin
Cette relativité du temps clarifie une question très importante. La relativité
est si variable qu'une période nous apparaissant durer des milliards
d'année peut n'être qu'une seconde seulement selon une autre perspective.
Bien plus, une période de temps phénoménale, s'étendant du commencement
du monde à sa fin, peut ne même pas durer une seconde, mais juste
un instant dans une autre dimension.
C'est l'essence même du concept de destin - un concept qui n'est pas
bien compris par la plupart des gens, et en particulier les matérialistes qui
le nient totalement. Le destin est la connaissance parfaite de Dieu de tous
les événements passés ou à venir. La plupart des gens se demandent comment
Dieu peut connaître les événements avant qu'ils ne se produisent et
cela les empêche de comprendre la réalité du destin. Cependant, "les événements
qui ne se sont pas encore produits" n'apparaissent ainsi que pour
nous. Dieu n'est pas lié au temps ou à l'espace, car Il les a Lui-même créés.
C'est pour cette raison que le passé, l'avenir et le présent sont exactement
identiques pour Dieu; pour Lui tout a déjà eu lieu et s'est achevé.
Dans L'Univers et le docteur Einstein, Lincoln Barnett explique comment
la théorie de relativité générale mène à cette conclusion. Selon Barnett,
l'Univers ne peut être "englobé dans sa majesté entière que par un intellect
cosmique".36 La volonté que Barnett appelle "l'intellect cosmique" est la
sagesse et le savoir de Dieu, qui règne sur l'Univers dans sa totalité. Tout
comme nous pouvons facilement voir les deux extrémités d'une règle et son
centre ainsi que chaque élément de l'ensemble, de même Dieu connaît le
temps auquel nous sommes soumis comme s'il s'agissait d'un seul moment
depuis son commencement à sa fin. Mais, les gens ne vivent les événements
que lorsqu'ils se produisent et ils sont témoins du destin que Dieu a créé
pour eux.
Il est également important d'attirer l'attention à la superficialité de la
compréhension déformée du destin, telle qu'elle est répandue dans notre
société. Cette croyance déformée à propos du destin est une superstition
prétendant que Dieu a déterminé "un destin" pour chaque homme, mais
que les gens peuvent parfois modifier ces destins. Les gens font, par
exemple, des déclarations superficielles à propos d'un malade qui "revient"
de la mort, disant qu'"il a vaincu son destin". Personne n'est en mesure de
changer son destin. La personne, qui est "revenue" de la mort, n'est précisément
pas morte parce qu'elle était destinée à ne pas mourir à ce moment
précis. C'est, ironiquement, le destin de ces gens, qui se leurrent en disant
"j'ai vaincu mon destin", qu'ils soient amenés à le dire en entretenant une
telle mentalité. Dans le verset, "… et aucune existence n'est prolongée ou
abrégée sans que cela soit consigné dans un livre. Cela est vraiment facile
pour Allah (Surat Fatir: 11), il est affirmé que toutes choses qui se produisent
ne sont que l'arrêt du destin. Le destin est la connaissance éternelle de
Dieu, et pour Dieu, qui connaît le temps comme un moment unique et qui
règne sur la totalité du temps et de l'espace; tout est déterminé et s'achève
en destin.
Nous comprenons aussi de ce qu'Il nous enseigne dans le Coran que le
temps est unique pour Dieu: certains incidents qui nous semblent n'exister
que dans le futur sont rapportés dans le Coran comme s'ils s'étaient déjà
produits. A titre d'exemple, les versets qui décrivent les comptes que les
gens doivent rendre à Dieu dans l'Au-delà sont racontés comme des événements
qui sont déjà arrivés depuis longtemps:
Et on a soufflé dans la Trompe, et voilà que ceux qui sont dans les cieux et
ceux qui sont sur la terre sont foudroyés, sauf ceux qu'Allah a voulu (épargner).
Puis on y souffle de nouveau, et les voilà debout à regarder. Et la terre
resplendit de la lumière de son Seigneur; le Livre est déposé et on a fait venir
les prophètes et les témoins; il est décidé parmi eux en toute équité et ils ne
sont point lésés... Et ceux qui avaient mécru seront conduits par groupes à
l'Enfer… Et ceux qui avaient craint leur Seigneur seront conduits par groupes
au Paradis… (Surat az-Zumar: 68-73)
D'autres versets sur le sujet:
Alors chaque âme est venue accompagnée d'un conducteur et d'un témoin.
(Surat Qaf: 21)
Et le ciel s'est fendu et il est, ce jour-là, fragile. (Surat al-Haqqah: 16)
… Il les a rétribués pour ce qu'ils ont enduré, en leur donnant le Paradis et
182 Le vrai visage de ce monde
des [vêtements] de soie, ils y sont accoudés sur des divans, n'y voyant ni soleil
ni froid glacial. (Surat al-Insan: 12-13)
L'Enfer est pleinement visible à celui qui a regardé... (Surat an-Naziate: 36)
Aujourd'hui, donc, ce sont ceux qui ont cru qui rient des incroyants. (Surat al-
Mutaffifune: 34)
Et les criminels ont vu le Feu. Ils étaient alors convaincus qu'ils allaient y tomber
et ne pas trouver d'échappatoire. (Surat al-Kahf: 53)
Comme on peut le constater, des événements qui ne se produiront
qu'après notre mort (de notre point de vue) sont relatés dans le Coran
comme des événements du passé, déjà vécus. Dieu n'est pas lié à la relativité
du temps à laquelle nous sommes confinés. Dieu a voulu cela dans l'intemporalité:
les gens ont déjà vécu tous ces événements qui se sont achevés.
Il expose dans le verset plus bas que chaque événement, grand ou
petit, est dans le savoir de Dieu et est enregistré dans un livre:
Vous ne vous trouvez dans aucune situation, vous ne récitez aucun passage
du Coran, vous n'accomplissez aucun acte sans que Nous soyons témoin au
moment où vous l'entreprenez. Il n'échappe à ton Seigneur ni le poids d'un
atome sur terre ou dans le ciel, ni un poids plus petit ou plus grand qui ne
soit déjà inscrit dans un livre évident. (Surat Yunus: 61)
L'inquiétude des matérialistes
Les sujets abordés dans ce chapitre, à savoir la vérité sous-jacente à la
matière, l'intemporalité et l'a-spacialité sont en fait extrêmement clairs.
Comme expliqué plus haut, il ne s'agit très certainement ni de philosophie,
ni d'un mode de pensée, mais de preuves scientifiques irréfutables. Et, audelà
de sa réalité technique, l'évidence n'admet aucune alternative rationnelle
ou logique sur cette question: l'univers est une entité illusoire en y
associant toute la matière qui le compose et tous les êtres qui y vivent. Ce
n'est qu'un ensemble de perceptions.
Les matérialistes ont du mal à comprendre cela. Retournons à l'exemple
du bus de Politzer: bien que Politzer sache techniquement qu'il ne pourra
pas échapper à ses perceptions, il ne peut réellement l'admettre que dans
certains cas. C'est-à-dire que, selon Politzer, les événements ont lieu dans le
cerveau jusqu'à l'accident de bus. Pourtant, aussitôt après l'accident de bus,
les évènements gagnent une réalité physique et ne se situent donc plus au
niveau du cerveau. Le défaut logique de cette approche est très clair.
Politzer commet en réalité la même erreur que le matérialiste Johnson lorsqu'il
dit: "Je frappe la pierre, j'ai mal au pied, donc elle existe." Politzer n'a
pas pu réaliser que le choc éprouvé après l'impact du bus était lui aussi seulement
une perception.
La raison fondamentale qui empêche les matérialistes de saisir ce sujet
est liée à leur crainte inconsciente de l'inconnu. Lincoln Barnett nous dit
que certains hommes de sciences ont "discerné" ce point:
"Du fait que les philosophes sont réduits à un monde-fantôme de perceptions,
pour toute réalité objective, les scientifiques ont pris conscience des limitations
alarmantes des sens de l'homme."37
N'importe quelle référence impliquant que la matière et le temps ne sont
que des perceptions éveille une grande crainte chez les matérialistes car ils
considèrent ces notions comme étant absolues. D'une certaine manière, ils
les vénèrent comme des idoles, car ils pensent que ce sont la matière et le
temps qui les ont créés à travers l'évolution.
Un matérialiste se sent probablement accablé d'horreur quand il comprend
que tout n'est que perception. L'Univers et le monde dans lequel il
croit vivre, son propre corps, les autres personnes, et les autres philosophes
matérialistes qui l'ont influencé, en bref tout ne se résume qu'à une perception.
Tout ce en quoi il croit, tout ce dont il dépend, tout ce à quoi il a
recours, tout disparaît soudain. Il goûte ainsi un peu au désespoir qu'il
éprouvera réellement le Jour du jugement. Comme le décrit ce verset:
Ils offriront ce jour-là à Dieu la soumission, et ce qu'ils avaient inventé sera
perdu pour eux.. (Surat an-Nahl: 87)
C'est pour cela que le matérialiste tente de se persuader de la réalité de
la matière et qu'il tente de prouver ses propos. Il frappe du poing, tape du
pied, crie, et hurle mais ne parvient pas à échapper à la réalité.
Ces gens nient donc la réalité et, de plus, ils tentent de convaincre
d'autres personnes d'en faire autant. Ils sont conscients du fait que si les
gens connaissaient la vraie nature de la matière, leur philosophie matérialiste
primitive et l'ignorance de leur approche se retrouveraient dénuées de
tout sens. Il n'y aurait plus alors aucun terrain sur lequel ils pourraient baser
et défendre leurs idées. C'est pour toutes ces raisons que les faits mention-
nés dans ce livre dérangent autant les matérialistes.
Dieu énonce que les craintes des non-croyants seront augmentées dans
l'Au-delà. Le Jour du jugement dernier, ils seront interrogés comme suit:
Et le Jour où Nous les rassemblerons tous puis dirons à ceux qui auront donné
des associés: "Où sont donc vos associés que vous prétendiez?" (Surat al-
An'am: 22)
Puis, les incroyants verront que leurs possessions, leurs enfants et leurs
proches qu'ils avaient supposés réels et qu'ils avaient traités comme des associés
à Dieu vont les quitter et disparaître. Dieu nous informe de cela dans le
verset suivant:
Vois comment ils mentent à eux-mêmes! Et comment les abandonnent (les
associés) qu'ils inventaient! (Surat al-An'am: 24)
L'acquisition des croyants
Alors que la matière et le temps sont des perceptions qui alarment les
matérialistes, c'est le contraire qui rassure les croyants. Les gens qui ont la
foi sont très heureux de connaître le secret sous-jacent à la matière, parce
que cette réalité est la clef de toutes les questions. Grâce à cette clef, tous
les secrets sont dévoilés. Et, il nous est plus aisé de comprendre les questions
qui ne trouvaient pas de réponse précédemment.
Comme signalé auparavant, les questions de la mort, du Paradis, de
l'Enfer, de l'Au-delà, des différentes dimensions, ainsi que des questions
telles que "où est Dieu?", "qu'y avait-il avant Dieu?", "qui a créé Dieu?", "combien
de temps la vie dans la tombe dure-t-elle?", "où sont le Paradis et
l'Enfer?" et enfin "dans quel lieu le Paradis et l'Enfer existent-ils actuellement?"
sont des questions auxquelles il est aisé de répondre. On pourra
comprendre avec quel type d'ordre Dieu a créé tout l'Univers à partir de
rien du tout. C'est tellement vrai qu'en saisissant ce secret, les questions du
"quand?" et du "où?" n'ont plus de sens parce qu'il n'y a pas plus de temps
que d'espace. Et, lorsque l'a-spacialité (absence d'espace) sera saisie, il sera
aisé de comprendre que l'Enfer, le Paradis et la terre sont tous, en réalité,
au même endroit. Et lorsque l'intemporalité sera comprise, il sera compris
que tout a lieu en un seul moment: rien n'est en attente et le temps ne se
déroule pas, parce que tout est déjà arrivé et s'est achevé. Cela signifie en
toute vérité que l'éternité a déjà commencé.
Avec ce secret ouvertement connu, le monde devient comme un paradis
pour le croyant. Tous les soucis matériels pénibles, les ennuis et les craintes
disparaissent. Il comprend que l'Univers entier n'a qu'un seul Souverain,
qu'Il change la totalité du monde physique comme il Lui plaît et que ce qu'il
nous reste à faire est de se tourner vers Lui. Il se soumet alors entièrement
à Dieu "pour être voué à Son service" (Surat Ali-Imran: 35).
Comprendre ce secret est certainement la plus grande acquisition de ce
monde.
Une autre réalité très importante mentionnée dans le Coran nous est également
dévoilée: "Dieu est plus près de lui que sa veine jugulaire" (Surat
Qaf: 16). Comme nous le savons tous, la veine jugulaire se trouve dans
notre corps. Qu'est ce qui pourrait être plus proche de l'homme que son
propre intérieur? Ceci peut facilement être expliqué par l'a-spatialité. Il est
en effet beaucoup plus facile de comprendre ce verset si on saisit cette énigme.
Cette vérité est évidente. Il doit être bien établi que l'homme n'a d'autre
sauveur ni d'autre pourvoyeur que Dieu. Il n'y a rien mis à part Lui; Il est
Le seul être absolu auprès de qui l'homme peut chercher refuge, Il est Le
seul que l'homme peut appeler au secours et sur qui il peut compter pour
l'absolution.
Où que vous vous tourniez, Dieu est là.

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