samedi 3 avril 2010

L'exemple de la connection des nerfs en parallèle

Considérons l'exemple donné par Politzer de l'accident de voiture. Si les nerfs de la personne écrasée, qui relient ses cinq sens à son cerveau, étaient connectés à ceux de quelqu'un d'autre – Politzer par exemple – par une connexion parallèle et ceci au moment où le bus avait heurté la personne; il heurterait de la même manière et en même temps Politzer qui serait alors tranquillement assis chez lui à ce moment-là. Toutes les sensations éprouvées par cette personne accidentée seraient également éprouvées par Politzer, tout juste comme une chanson que nous entendrions au moyen de deux haut-parleurs différents mais qui seraient connectés au même magnétophone. Politzer sentirait, verrait et éprouverait le freinage du bus. Il ressentirait le choc du véhicule contre son corps et verrait les images de son bras cassé, du sang, des fractures… Il remarquerait son entrée dans la salle d'opération ainsi que la dureté du plâtre et la faiblesse de son bras.
Toute autre personne connectée en parallèle aux nerfs de cet homme vivrait intégralement l'accident exactement comme Politzer l'a vécu. Si l'homme accidenté rentrait dans le coma, chacune des autres personnes tomberait également dans le coma. De plus, si toutes les perceptions de l'accident de voiture étaient enregistrées dans un appareil et étaient retransmises en boucle à une personne, ladite personne ressentirait le choc contre le bus plusieurs fois de suite.
Mais alors, lequel de ces bus a t-il réellement percuté ces personnes? La philosophie matérialiste n'offre aucune réponse cohérente à cette question. La réponse correcte est que toutes ces personnes vivraient cet accident de voiture dans tous ses détails, mais uniquement dans leurs propres cerveaux.
Ce même principe pourrait aussi s'appliquer aux exemples du gâteau et de la pierre. Si les nerfs des organes sensoriels d'Engels – organes qui lui permettent quand il mange un gâteau de ressentir des sensations telles que la satiété et la plénitude dans son estomac – étaient connectés parallèlement au cerveau d'une deuxième personne; cette personne ressentirait également ce sentiment de satiété tout comme Engels. Si les nerfs de Johnson, qui a ressenti de la souffrance lorsque son pied a frappé une pierre, étaient connectés à une deuxième personne en parallèle, cette personne éprouverait également la même souffrance.
Alors, lequel de ces gâteaux ou laquelle de ces pierres sont-ils réels? Ici encore, la philosophie matérialiste ne peut offrir aucune réponse raisonnable. La seule réponse correcte et logique est la suivante: Engels et l'autre personne ont mangé tous les deux leur gâteau dans leurs cerveaux et ils ont tous deux été rassasiés. Johnson et l'autre personne ont pleinement vécu tous les deux l'instant où ils ont frappé la pierre dans leurs cerveaux.
Modifions maintenant légèrement l'exemple que nous avons donné au sujet de Politzer. Connectons désormais les nerfs de la personne écrasée par le bus directement au cerveau de Politzer, et les nerfs de ce dernier (qui rappelons-le est assis dans sa maison) directement au cerveau de la personne écrasée par le bus. Dans ce cas précis, Politzer penserait qu'un bus l'a heurté bien qu'il soit assis chez lui à ce moment-là. Par contre, la personne qui a vraiment été écrasée par le bus n'aurait jamais ressenti l'impact de l'accident et elle aurait l'impression qu'elle se trouvait tranquillement assise chez Politzer. La même logique peut bien sûr être appliquée aux exemples du gâteau et de la pierre.
Comme nous le voyons, il est impossible pour un homme de transcender ses sens et de s'en libérer. De la même manière, l'âme d'un homme peut être exposée à toutes sortes de représentations d'événements physiques bien qu'il n'ait aucun corps physique, aucune existence et aucun poids matériel. Il est donc impossible à une personne de réaliser cela parce qu'elle part du principe que toutes ces images tridimensionnelles sont belles et bien réelles. Ce qui la rend si sûre d'elle, c'est que comme tout un chacun, elle dépend de perceptions éprouvées par ses organes sensoriels.
Le fameux philosophe anglais David Hume commente ce fait de la manière suivante:
"Pour parler franchement, quand je m'inclus dans ce que j'appelle le 'moi', je tombe toujours sur une perception spécifique appartenant au chaud ou au froid, à la lumière ou à l'ombre, à l'amour ou à la haine, à l'amertume ou au sucré ou à d'autres notion encore. Si ces perceptions n'existaient pas, je ne pourrais jamais me saisir en un temps particulier et je n'observerais rien d'autre que de la perception."26


La formation de perceptions cérébrales n'est pas une
philoso-phie mais un fait scientifique


Les matérialistes présupposent que tout ce dont nous parlons ici n'est que philosophie. Pourtant, soutenir que le "monde extérieur", comme nous l'appelons, n'est qu'une série de perceptions n'est en rien philosophique mais représente au contraire un fait tout à fait scientifique. La formation d'images et de sensations cérébrales est enseignée en détail dans les écoles de médecine. Ces faits, prouvés par la science du 20ème siècle, en particulier par la physique, montrent clairement que la matière n'a pas de réalité absolue et que dans un sens, chacun d'entre nous regarde "le moniteur qui se trouve dans son cerveau".
Quiconque croit en la science, qu'il soit athée, bouddhiste ou partisan d'un autre point de vue, devrait accepter cette vérité. Un matérialiste peut donc nier l'existence d'un Créateur mais ne peut en aucun cas nier cette réalité scientifique.
L'incapacité de Karl Marx, de Friedrich Engels, de Georges Politzer et de bien d'autres à comprendre un fait si simple et évident est très étonnant. Nous pouvons cependant porter à leur décharge que le développement de la connaissance scientifique était probablement insuffisant à leur époque. Aujourd'hui, alors que la science et la technologie ont atteint un niveau très élevé, il ne fait aucun doute que les découvertes récentes rendent la compréhension de cette réalité plus accessible. Mais les matérialistes sont partagés par la double crainte de comprendre ce fait, même partiellement, et de réaliser qu'elle démolit définitivement leur philosophie.


La grande peur des matérialistes

Pendant un certain temps, aucune réponse substantielle ne nous était parvenue des milieux matérialistes turcs concernant le contenu de ce livre qui accrédite la thèse que la matière n'est qu'une perception. Cela nous a donné l'impression que nos idées n'avaient pas été assez bien clarifiées et qu'elles avaient donc besoin d'être mieux expliquées. Pourtant, peu de temps après, il s'est avéré que les matérialistes éprouvaient un malaise certain face à ce sujet et qu'ils redoutaient que quelqu'un ne le traite en profondeur et cela probablement à cause de la popularité qu'il connaît auprès du public.
En effet, les matérialistes n'ont cessé de proclamer à voix haute dans leurs publications, au cours de leurs conférences et leurs tables rondes leur crainte et leur panique. Leurs discours agités et désespérés démontraient alors clairement qu'ils subissaient une crise intellectuelle assez sévère. L'effondrement scientifique de la théorie de l'évolution (prétendue base de leur philosophie) était déjà un énorme choc pour eux. Mais désormais, il leur fallait reconnaître qu'ils commençaient même à perdre la "matière" et cette dernière représentait pour eux un pilier encore plus important que ne pouvait l'être le darwinisme. L'annonce de toutes ces vérités représenta pour eux un véritable choc. Ils déclarèrent du reste ouvertement que ce sujet était la "plus grande menace" à laquelle ils avaient jamais été confrontés parce qu'il "démolissait totalement leur contexte culturel".
Rennan Pekunlu, académicien et écrivain à la revue Bilim ve Utopya (Science et Utopie), qui avait décidé de défendre le matérialisme, fut l'un de ceux qui exprimèrent à cœur ouvert l'anxiété et la panique ressenties par les milieux matérialistes. Dans ses articles publiés dans Bilim ve Utopya et lors d'une conférence auquel il avait participé, Pekunlu a présenté le livre de Harun Yahya intitulé Le mensonge de l'évolution comme étant "une menace" primaire lancée contre le matérialisme. Ce qui dérangeait le plus Pekunlu, et ceci plus encore que les chapitres qui invalidaient le darwinisme, était la partie que vous êtes en train de lire actuellement. Le message qu'a lancé Pekunlu à ses lecteurs et à son audience, qui n'était constituée d'ailleurs que d'une poignée de gens, était le suivant: "Ne vous laissez pas entraîner par l'endoctrinement de l'idéalisme et continuez de croire au matérialisme". Il a cité Vladimir I. Lénine, le leader de la sanglante révolution communiste de Russie, comme référence. Conseillant à chacun de lire le livre de ce dernier intitulé Le matérialisme et l'empiriocriticisme vieux de plus d'un siècle, Pekunlu n'a fait que répéter les conseils de Lénine: "Ne réfléchissez pas à ce sujet car vous perdrez la trace du matérialisme et vous serez emportés par la religion." Dans un article qu'il a écrit dans la revue susmentionnée, il a cité ces lignes de Lénine:
"Une fois que vous niez la réalité objective, qui nous est transmise par nos sensations, vous aurez déjà perdu toutes les armes contre le fidéisme, car vous vous glisserez dans l'agnosticisme ou dans le subjectivisme – et c'est tout ce que le fidéisme exige. Une seule griffe prise au piège et l'oiseau est perdu. Et nos Marxistes furent tous pris au piège de l'idéalisme, c'est-à-dire d'un fidéisme dilué et plutôt subtil; ils furent tous pris au piège au moment où ils prirent cette "sensation" non pas comme étant une image du monde extérieur mais comme étant un "élément" spécial. Ce n'est pourtant la sensation, l'âme et la volonté de personne."27
Ces paroles nous montrent que ce que Lénine et ses amis avaient cherché à occulter dérange de la même façon les matérialistes modernes. Cependant, Pekunlu et les autres matérialistes souffrent d'un problème plus grave encore; car ils savent pertinemment que ce fait peut maintenant être soutenu d'une façon beaucoup plus explicite, certaine et convaincante qu'il y a 100 ans. Nous pensons que c'est la première fois dans l'histoire de l'homme que ce sujet est expliqué d'une manière aussi claire.
Pourtant, on peut dire que de nos jours un grand nombre de scientifiques matérialistes ne prennent toujours pas au sérieux le fait que "la matière n'est rien qu'une illusion". Le thème abordé dans ce chapitre est l'un des plus importants et passionnants sujets que l'on puisse rencontrer. Il est certain que peu de gens ont eu l'opportunité d'être confronté à un sujet aussi crucial auparavant. Et pourtant, il suffit d'observer les réactions de ces scientifiques ou la manière dont ils articulent leurs discours et leurs articles pour noter le caractère superficiel de leur compréhension.
Leurs réactions démontrent que leur adhésion aveugle au matérialisme a causé du dommage à leur logique. C'est pour cette raison qu'ils sont tant éloignés de la compréhension de ce sujet. Alaattin Senel, académicien et écrivain à la revue Bilim ve Utopya, exprima des sentiments semblables à ceux de Rennan Pekunlu lorsqu'il déclara:"Oubliez l'effondrement du darwinisme, le sujet vraiment menaçant est celui-ci." Ressentant que sa propre philosophie n'avait aucun fondement, il a constamment fait des demandes telles que: "Prouvez ce que vous dites!" Or, ce qui est encore plus intéressant est que cet écrivain avait lui-même écrit qu'il ne pouvait pas comprendre ce fait qu'il considérait du reste comme étant une menace.
Par exemple, dans un article où il a exclusivement traité de ce sujet, Senel accepte le fait que le monde extérieur soit perçu dans le cerveau comme étant une image. Pourtant, il continue à prétendre que ces images sont divisées en deux: celles qui ont des corrélatifs physiques et celles qui n'en ont pas, et que toutes les images se rapportant au monde extérieur ont des corrélatifs physiques. Afin de soutenir son assertion, il a donné "l'exemple du téléphone". Dans son sommaire, il a écrit:

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